La visite est dure, on est frappés par la banalité des lieux : des salles de classe, des longs couloirs, des cours de récréation.
Dans les premières salles, rien, sauf un lit en fer et les instruments de torture ainsi qu'une photo de chaque salle telle qu'elle a été trouvée lors de la libération par les vietnamiens.
D'autres salles sont des lieux d'incarcération, soit collectifs soit des petits box de briques, avec des barbelés aux étages pour empêcher les suicides.
On peut aussi voir dans d'autres salles des amoncellements des vêtements de prisonniers, des crânes ainsi que des milliers de photos des victimes accrochées en série, hommes, femmes, enfants, jeunes et vieux. Ces alignements donnent à la fois une idée du nombre de personnes exécutées ici, mais témoigne aussi de l'individualité de chacun, ça m'a donné une impression de vertige. Tous les prisonniers étaient photographiées en arrivant, mais les khmers rouges ont aussi pris des photos des victimes après ou pendant la torture, c'est insoutenable. Comment des hommes peuvent ils faire preuve d'autant de cruauté ?
Je sors de là bouleversée, et la petite marche jusqu'à la guesthouse me permet de me remettre avant de retrouver Paul et les enfants.




















































